vendredi 17 mai 2013

La Grèce se fait désirer


En effet nous pensions que depuis une semaine nous serions en train de nous baigner dans les eaux limpides grecques...

Mais la météo - notre pire et meilleure amie - en a décidé autrement.
Alors que nous quittions Syracuse, plein d'entrain et de motivation, nous avons dû, au bout de quelques heures, changer nos plans. Pas un souffle d'air à l'horizon, et étant donné le vieil âge de notre moteur, nous n'avions ni l'envie ni la possibilité de faire 40 heures de moteur. Nous nous sommes donc rabattus à contre coeur vers Rocella Ionica, au Sud de l'Italie (100 Miles).

Une parmi les six tortues croisées en route!









Les jours suivants, même topo! La météo est perdue, aucun site ne dit la même chose. Cela donne un rassemblement de plaisanciers au bistrot du port  à l'heure de l'apéro! Toute l'europe y est rassemblée, l'ambiance est très agréable dans ce petit port. Nous faisons d'ailleurs découvrir des spécialités bien de chez nous à un équipage suèdois fort sympathique en sortant la cartagène, les olives et les champignons au vin blanc (en stock dans la cave du bateau).
Allemands, italiens, français, anglais, suèdois, espagnols, hollandais, tout le monde y va de son analyse, direction du vent, force, au final personne n'a raison : le vent ne viendra pas.
On s'en apercevra le lendemain lors de notre deuxième tentative pour la Grèce! Du coup, on se rabat sur Crotone (70Miles).



Après quelques heures de repos, on ne s'attarde pas, et nous partons pour la traversée du golfe de Tarente direction Leuca (sur le talon de la botte). Un vent de Sud-Est souffle (sirocco)  levant une mer grosse, travers au vent et aux vagues. Le bateau file.
Cette navigation demande de la concentration à la barre. Le rythme fut  de 1h à la barre, une de repos, ce qui nous a  permis d'optimiser au mieux la conduite du bateau et se fut payant car au lieu de mettre 14h nous avons mis 10h20min!

Le capitaine à la barre, juste avant la tombée de la nuit

On arrive de nuit, comme d'habitude après étude scrupuleuse de l'entrée de port.  Nous nous engageons dans la passe, le génois est roulé, la grande voile affalée, moteur en marche avant, juste de quoi se maintenir sur son cap. Les vagues venant du large sont grosses et nous les prenons travers au bateau. Nous avançons à tâtons, quand d'un coup le sondeur passe de 8m de fond a 1m70, trop tard : le bateau stoppe net, nous sommes sur un banc de sable non signalé! Le bateau est immobile et sujet aux grosses vagues de travers qui le fait gîter dangereusement.

Le calme est de rigueur,  le bateau dérape en direction de la digue  sous les acoups des vagues.
La chronologie des actions doit primer ! Malina descend,  fait un appel à la radio dans l'espoir d'avoir la capitainerie pour qu'ils viennent nous aider. Malheureusement ce bougre ne parle que sa langue natale ce qui au bout de quelques temps oblige Malina à laisser tomber. Pendant ce temps, j'essaye de dégager le bateau comme je peux, il est gîté, je ressens des vibrations effroyables dans la barre, le moteur hurle, impuissant notre  bateau agonise sous nos yeux, la digue et ses rochers aiguisés ne sont plus qu'à deux mètres pas plus. Notre sécurité n'est pas trop compromise, c'est déjà ça ! Après moultes manoeuvres, le bateau s'arrache enfin de ce banc de sable. On se retrouve face aux vagues, le cul du bateau a seulement un mètre des rochers, je mets les plein gaz, on rentre au port, on s'amarre. Le gars de la capitainerie arrive, au regard il comprend que ce n'est pas le moment, il s'éloigne et nous on va se coucher!

Comme nous devenons un peu superstitieux, nous ne nous avançons pas sur les prochaines destinations! A suivre au prochain épisode donc!

Nous vous avions préparé une petite vidéo, mais la connexion ici ne permet pas de la charger... Pour ça aussi, il vous faudra attendre la prochaine fois!


Maritimement vôtre.
Malina et Arno.

Où en sommes-nous?

vendredi 10 mai 2013

"J'aimerais tant voir Syracuse"


« J’aimerais tant voir Syracuse » chantait Salvador.

C’est chose faite ! 

A Syracuse se mêlent tous les folklores italiens.

D’abord, la magnifique architecture de la ville historique (Ortygie) qui mélange vestiges grecs et bâtiments baroques du XVIII ème siècle (à l’image de la cathédrale construite sur les vestiges d’un temple grec dédié à Athéna, dont on voit encore les colonnes).







La chaleur, les marchés, l’odeur, les siciliens qui crient, bref tout y est !





Puis surtout, Syracuse a le grand avantage de s’ouvrir sur une baie dans laquelle on peut se mettre au mouillage (à l’ancre), alternative gratuite à la marina !

Nous avons donc passé 4 jours ici, en profitant enfin de la vraie vie de bateau : se réveiller, piquer une tête, déjeuner tranquillement dans son cockpit sans les touristes qui vous prennent en photos…

Notre bateau est quelque part par là...


Petit inconvénient, nous sommes assez loin de la rive, ce qui nous a permis de vivre quelques moments épiques avec notre annexe « Playmobile » et notre petit moteur…

(La prochaine fois, vous aurez droit à une photo avec nous dedans!)


Nous faisons d’ailleurs beaucoup rire les passants, lorsque revenant des courses, nous manquons couler, avec nos sacs sur le dos, glacière sur les genoux et fesses trempées ! Mais c’est aussi ça, la vie de bateau !

Pour des raisons pratiques, nous avons décidé de repousser notre visite de l’Etna, que nous ferons sur le chemin du retour.  La météo nous est favorable ces jours-ci, nous allons donc traverser directement de Syracuse pour la Grèce (Ile de Zante -  50h de navigation prévues).

Nous vous retrouverons donc pour de nouvelles aventures de l’autre côté de la mer Ionienne !




Maritimement vôtre.
Malina et Arno



dimanche 5 mai 2013

Triste nouvelle...


Le voyage s’arrête ici pour le chat.

Nous avons quitté Malte Jeudi après-midi pour rejoindre la Sicile.
Le chat a été génial comme d’ordinaire, lové sur le barreur, ou installé dans la grand voile, plein de ronronnements et de caresses.

Nous sommes arrivés à Pozzallo au Sud Est de la Sicile, à 3h du matin dans la nuit de jeudi à vendredi.
Comme à son habitude le chat est parti en vadrouille…et n’ai jamais revenu.

C’était sa 27ème escale, ni moins ni plus dangereuse qu’une autre, avec des longues digues pleines de rochers comme il aime pour s’amuser. Jusqu’au lendemain soir nous ne nous sommes pas inquiétés car il a l’habitude de partir une journée entière pour ne revenir qu’au crépuscule.

Puis nous l’avons cherché toute la nuit, puis les trois jours qui ont suivi. Dans les digues, dans le village, sur le bord de route, nous avons même mis une affiche au bar du coin avec adresse mail et numéro de téléphone. Il y a des chats errants partout mais pas le nôtre. Tout le port est au courant de notre recherche. 132 Euros de frais de port plus tard (oui les ports en Sicile sont hors de prix !) et quelques nuits blanches au compteur, c’est la mort dans l’âme que nous quittons demain matin Pozzallo plein d’incertitude. Nous ne saurons jamais s’il en a juste eu marre (on en doute au vu des derniers jours où il était tout choupinou), s’il a eu un accident, s’il est mort quelque part…

Chaque escale se passait parfaitement bien, le chat revenait toujours au bateau. Il semblait s’être très bien habitué à notre rythme de voyage et n’était plus jamais malade. Il nous semblait sûr maintenant que nous rentrerions à Sète avec lui.

Quoiqu’il en soit, la suite du voyage ne se fera que tous les deux.

Ceci étant dit, ne parlons plus du chat s’il vous plaît.

mercredi 1 mai 2013

Je suis venu, j'ai vu et je ne reviendrai plus…






Sans prétention aucune,  laissez-moi vous faire pour commencer un cours d’histoire succinct :

Après  avoir été conquise maintes fois par plusieurs peuples, l’histoire de Malte prend un tournant décisif à l’arrivée des chevaliers…
L'ordre de St jean se fait virer de Rhodes par les Ottomans en 1523.
Charles Quint offre à l'ordre les îles de Malte en 1530, contre un loyer symbolique d’un faucon par an.
L'ile possède une capitale du nom de Médine (créée lors de la colonisation arabe), qui a la particularité d'avoir des rues dont la longueur ne dépasse pas la portée d'une flèche.

Une église à Médine


Les chevaliers de l'ordre boudent la capitale et vont s'installer à Birgu (sur la côte Nord-Est) qu'il fortifie de façon révolutionnaire pour l'époque.
Mais ces braves chevaliers belliqueux ne peuvent s'empêcher de  pirater les vaisseaux marchands de l'empire ottoman qui passent dans le coin.
En 1565, Soliman le magnifique (à la tête des ottomans), excédé, décide d'aller donner une petite correction à ces pieux chevaliers. Avec seulement 8 000 hommes, les chevaliers, grâce à leur fortification, tiennent tête aux ottomans et déciment petit à petit  cette armée d'invasion, ne laissant repartir au bout de 5 mois que
10 000 hommes après en avoir massacré près de 30 000.
Afin de se défendre encore mieux face à de nouvelles invasions,  les chevaliers continuèrent leurs fortifications et  créèrent la ville de La valette.




Au fil du temps, les chevaliers, n'ayant plus d'ennemis, se laissent aller à l'oisiveté et aux plaisirs pas très catholiques, ce qui commence à désespérer les Maltais.
En 1798  Napoléon, en route pour l'Egypte, décide d'y faire escale avec toute son armée de grognards. Les chevaliers n'étant plus que l'ombre d'eux-mêmes, et sous la pression du peuple séduit par les idées révolutionnaires qu'inspire  la France,  ils offrent  l'île à Napoléon sans oser sortir leurs épées.
Bonaparte, avant-gardiste sur le commerce d'import-export, donne l'ordre à ses grognards de piller les églises maltaises si riches en bibelots kitchs qu’il pourra échanger contre des armes une fois en Afrique.
Mais les Maltais, peu ouverts au commerce international, se révoltèrent et ironie du sort, les fortifications imprenables que leurs alleux avaient construites pour les défendre servirent à protéger la petite garnison française restée sur l'île.
Les Maltais implorèrent l'Angleterre de leur venir en aide. George III  fit embarquer  illico en 1800 ses soldats pour libérer ce pauvre peuple opprimé. Le peu de grognards fatigués qui étaient restés sur l'île furent renvoyés ou tués.
Les maltais, exaltés par la victoire de leur sauveur, demandèrent à récupérer la souveraineté de leur île mais Malte offre un lieu stratégique pour l'empire britannique (et la réponse, on s’en doute,  fut NON!).

Je vous fais grâce de la seconde guerre mondiale, situation classique : bombardement, famine, libération, reconstruction…
En 1964, l’île obtient son indépendance.
Voilà pour l’histoire.


A un peu moins de dix heures de nav de la Sicile, se trouvent Malte et Gozo. Gros décalage lorsque vous venez d'un pays très latin, avec des gars qui parlent avec les mains, chemise ouverte et chaîne en or qui brille et où les prix des places de port sont négociables.

Les côtes de l’île de Malte sont défigurées par un nombre incroyable d’hôtels. Nous sommes loin de l’idée que nous nous faisions, espérant découvrir une île « sauvage ».


Nous avons longé  la côte Nord   où, une fois n'est pas coutume, nous avons navigué « à la grecque »  (c'est à dire sans carte, en suivant le relief à bonne distance quand même), sauf que nous avons à moment  longé un champ de tir de l'armée !
Quelle surprise !!! Surtout face à l’interrogation de Malina : "mais quelle est cet oiseau qui siffle comme ça ?"
Bon,  ils se sont arrêtés de tirer, mais au son d'un de ces projectiles, une balle n’est pas passée loin de l'étrave !

Malte  et Gozo font  partie de l'Europe depuis 2008, mais bizarrement quand vous y débarquez (du moins en bateau), vous devez aller voir les « customs » (douanes) :

Un bureau déco années 70, une belle croix de bois en fond, le JT en fond sonore, un fonctionnaire vous prend les papiers du bateau, passeports et se met à remplir plein de papiers à la main bien sûr… Et si, comme moi vous avez de la chance, il se trompera,  l’obligeant à recommencer, vous posant trois fois la même question  (et ça dure, et ça dure …)

L'influence britannique est marquante : on roule à gauche, des fast -foods un peu partout,  une économie libérale, tout le monde a son uniforme (de l'écolier, au vigile, en passant par le gars qui bosse pour la compagnie de gaz), des caméras de surveillance partout.
L’influence arabe s’entend dans la langue (qui a des consonances arabes mais qui s’écrit en alphabet latin) et dans l’architecture de certaines villes.

La pierre maltaise est de couleur jaune-ocre et le  mélange architectural arabo-britannique donnent des villes et villages d'une beauté saisissante  et d'un style unique ...




 
                                                               Les rues de La Valette


Bloqués par les vents, nous n’avons pas pu faire tous les mouillages souhaités. C’est donc en terrien que nous avons exploré l’île (bien desservie en bus : pour 2,60 E la journée vous pouvez aller partout).



D’un coté Malte c’est …..d’après les nations unies, une zone à risque pour plusieurs raisons : paradis financier (secret bancaire), blanchiment d’argent, drogues, et trafic en tout genre.
Et de l’autre … L'île compte une église par kilomètre carré, 95% des Maltais sont catholiques (religion d’état). Le divorce est autorisée depuis 2011 seulement et l'avortement même en cas de viol ou de danger de santé pour la mère est strictement  interdit…
Malina et moi aimons nous promener dans les coins non touristiques,  manière de voir comment les locaux vivent. La chose la plus marquante fut de voir des couples de 17 ans guère plus, avec poussettes et mioches sous le bras.

Enfin, le côté ultra sécuritaire anglo-saxon a le don de m’irriter,  surtout quand on va faire des courses au supermarché loin des zones touristiques, et que l'on vous épie et surveille comme Mesrine (je sais que Malina a l'air louche, mais quand même…).
Pour avoir vécu à Londres, on connaît la courtoisie culturelle des anglais, mais les maltais ne se donnent pas ce mal.....
Sans vouloir faire les français qui critiquent tout à tout va, il a été dur de rentrer en contact avec des maltais, peut-être qu'un peu plus de temps nous permettrait d'avoir un avis plus ouvert.


Nous avons cependant eu criques et eau turquoise (notamment à Gozo).










La météo nous bloque ici depuis plusieurs jours ce qui nous laisse le temps de faire quelques appros en attendant le départ : 



dimanche 21 avril 2013

De Palerme à Agrigente



Sitôt arrivés sur la côte Ouest Sicilienne, nous décidons de partir pour une journée à Palerme (où nous n’irons pas en bateau, car la ville est sur la côte Nord or nous descendons par le Sud).
Nous nous levons à 5h du matin (alors que nous sommes en vacances, c’est vous dire !) pour prendre un train à 6h…
A défaut de train, en arrivant à la gare, on nous indique un bus.
La conduite du chauffeur nous laisse penser que nous n’arriverons pas vivants à Palerme… a plus de 130 km/h sur une nationale dans le brouillard en parlant foot avec les mains au passager d'à côté!  Mais finalement nous arrivons sains et saufs !

Une fois dans la ville, nous alternons entre les lieux touristiques classiques et les ballades au gré du vent !

C’est ainsi qu’après avoir vu les quattro quanti, la somptueuse cathédrale arabo-normande, le théâtre et le jardin Garibaldi, nous avons traversé plusieurs marchés dont l’ambiance nous a charmés…




Le jardin Garibaldi

Le théâtre





La cathédrale




Les gens donnent le sentiment de se crier dessus en permanence, ils parlent avec les mains, les rues sont sales, ça ne sent pas vraiment bon : bref le charme sicilien opère dans ce joyeux bordel!


Nous n’avons eu qu’un aperçu de la ville, mais nous ne regrettons pas le réveil matinal (de toute façon, nous faisons la sieste dans le bus retour…)


Nous continuons par la suite notre descente sur la côte Sud, et après quelques escales, nous arrivons à Porto Empedocle pour visiter les ruines grecques d’Agrigente.

Un mec arrive sur le ponton, chemise ouverte et chaîne en Or, pour nous réclamer 20 Euros afin de pouvoir rester pour la nuit… « On fera les papiers demain ! ». A défaut de papier, nous partons sans demander notre reste  aux aurores dans le port d’à côté.

Dans chaque port, les prix sont négociables et la plupart du temps il faut payer en liquide…. La réputation de la Sicile n’est pas infondée !

A la marina San Leone, on nous dit que la vallée des temples se trouve à 2km (à la fin de la journée, nous en aurons fait presque 10, la plupart le long d’une nationale), nous voilà donc partis à pied à la découverte des temples datant du VIème siècle avant JC !

Le spectacle vaut le détour, les photos parlent d’elles-mêmes.








Cependant nous ne sommes pas enthousiasmés par l’accueil que nous avons eu sur cette côte. Après une escale supplémentaire, nous décidons de traverser pour Malte et Gozo (avant de revenir plus tard sur la côte Est de la Sicile).

A l’abordage d’un nouveau pays donc !

Une petite vidéo quand même, pour que vous voyez comme on bronze bien!



Maritimement vôtre.
Malina et Arno.

Où en sommes-nous?

dimanche 14 avril 2013

Changement de décor!

Tout d’abord une erreur s’est glissée dans l’article précédent : la traversée pour la Sicile devait se faire en 27h théoriques et non en 32h (A force de ne plus voir d’élèves, je ne sais plus faire de calcul….). Il est de coutume de faire plutôt plus que moins du nombre d’heures prévues.

Or, nous devons dire que nous sommes assez fiers de nos 25h de navigation, qui ont été très agréables avec un record de 11miles en 1h15…


Il faut admettre qu’un nouvel équipier a pris part à la navigation : nous sommes heureux de vous présenter le pilote automatique.




Nous n’avions pas encore eu l’occasion d’utiliser ce magnifique petit engin. Soit parce que nous tenions la barre avec joie, soit parce que la machine n’était pas de taille face à une houle trop forte (comme lors de la première traversée).

Nous avons vécu quelque chose de rare mais de très agréable : un vent constant en Méditerranée pendant presque 24h. Un petit force 4 établi, vent au portant (c’est à dire ¾ arrière du bateau), peu de houle (ou du moins peu ressentie car arrivant par l’arrière, les vagues permettent au bateau de surfer) : le paradis de tout navigateur !


Coucher puis lever de soleil quelques heures plus tard...


Unique petit moment de montée d’adrénaline lorsque que nous avons croisé un cargo (plusieurs dans la nuit, mais à des distances plus que raisonnables) d’un peu trop près jusqu’à entendre ses moteurs.


Autrement le pilote nous a tenu la barre toute la nuit, les quarts se résumaient donc à faire une veille permanente en regardant les étoiles…

Enfin l’île Marettimo (petite île de l’archipel des îles Egades, à l’Ouest de la Sicile) est en vue.
Le jour se lève et deux dauphins viennent nous souhaiter la bienvenue.


Nous avons le temps de voir se dessiner l’île. 
Voici ce qui pour nous représente vraiment le voyage : accoster sur une île, une petite île…




Comment vous décrire ce que nous avons découvert en arrivant ?
Enfin un vrai changement décor.



Un petit port de pêche, rien n’est agencé pour la plaisance, ni eau,  ni électricité. Nous nous amarrons le long d’un quai entouré de petits bateaux de pêche. Dans le bateau devant nous, deux pêcheurs sont en train de nettoyer leur filet.

Alors que nous réglons nos amarres, un petit vieux, béret sur la tête vient vers nous et nous explique en italien (ou plutôt en sicilien) comment nous amarrer au mieux, nous donnant des ordres, attachant nos amarres au quai, faisant fi de notre incompréhension de l’italien ! On le laisse faire, mieux vaut ne pas le contredire !

Des maisons blanches, volets bleus, une joyeuse et douce atmosphère règne dans ce petit village. 
Les vieux assis sur les bancs, les pêcheurs retapant leur bateau pour préparer la saison de pêche au thon qui s’annonce (la tonnara – la plus grosse pêcherie de thon de la Méditerranée)…. Tout cela rythmé par l’arrivée du ferry une fois par jour ainsi que par la venue du  bateau citerne qui vient ravitailler l’île en eau douce.




Le lendemain au petit matin, Arno va prendre un expresso dans le café de l’île, histoire de tâter l’ambiance...

Je commande donc au comptoir  un expresso. Une vielle dame distinguée s’approche de moi. S’engage alors une conversation commençant en anglais finissant en français-anglais, "Vous êtes le voilier qui est arrivé hier ?" (énorme, j'adore). "Le café je vous l'offre !"
Sur l'île il y a une statue avec une épitaphe de Paul Valéry (poète Sètois) "Le vent se lève, il faut tenter de vivre" Je lui fais part de mon étonnement et elle m'explique alors le lien qui existe entre cette île et notre port d'attache ! Par le passé, pas mal de bateaux de Sète arrivaient ici. Ils venaient charger du vin, et puis (me raconte la vielle dame), ils le vendaient comme vin français! "Mais chutttttt!" me dit-elle. Puis elle me raconte la vie de l'île, que la saison de pêche au thon commence mais que le stock qui sera pêché est déjà acheté par avance par les japonais.

Vers 11h, on achète aux pêcheurs, directement sur leur bateau, du poisson tout juste pêché. Je lui en demande 2, il m’en donne 5, normal.
Plus tard, il interpelle Arno, « Vieni, vieni », et nous offre deux magnifiques murènes.



D'autres événements, moins légers, se passent sur l'île. Nous voyons les douanes faire régulièrement des sorties et ramener un homme ou deux à bord de leur zodiac. Il nous semble aussi qu'un bateau de passeurs est interpellé... la Tunisie n'est qu'à quelques heures de bateau. Mais nous n'en saurons pas plus.

Après une belle randonnée jusqu'à la Punta de l'île, c'est le cœur triste que nous quittons l'île de Marettimo, nous remémorant que nous avons tant d'autres lieux à découvrir...


(Oui, nous sommes allés jusqu'en haut!)


Nous faisons notre premier mouillage dans la Cala Rotonda sur l'île voisine de Favignana, et nous sommes seuls au monde le temps d'une nuit.



Nous voici désormais sur la côte Ouest Sicilienne, où nous avons visité encore plein de nouvelles choses.
Mais on vous en garde un peu pour la prochaine fois et on vous laisse reprendre votre souffle!

Maritimement vôtre.
Malina et Arno

PS : Où en sommes-nous?